Je suis allée à Fuzhou, dans le Fujian pour faire une inspection de marchandise. Pour cela, je devais prendre l’avion. J’avais le choix entre partir de Hong Kong ou de Shenzhen (Chine). Depuis Shenzhen, les vols sont moitié moins cher, donc, je me suis dit, va pour Shenzhen, Val m’avait dit que c’était super bien indiqué.
Je prends un ferry à Kowloon vers 18 :00. De là, je prends un bus navette jusqu'à l’aéroport, puis l’avion à 22 :10 jusqu'à Fuzhou, celui de 20h étant annule (ça commence, grrr), arrivée 23 :30. Je dors dans un hôtel 5* et le lendemain je prend un prends une voiture avec chauffeur qui m’amènera à Minhou, là ou se trouve l’usine à inspecter… parfait. Je vais les réservations à travers une agence de voyage, j’ai l’assurance de
la MasterCard Gold du boulot… nickel.
En fait, tout s’est bien passe jusqu'à l’aéroport de Shenzhen. C’est un superbe aéroport bien moderne, ou tout le monde parle anglais. 
On monte dans l’avion, et là, c’était fini, on était en « vrai » Chine,
la Chine ou personne parle rien d’autre que le chinois, même les hôtesses de l’air. Elles savent juste faire les annonces : « Ladies and Gentlemen, welcome on flight number… to Fuzhou, etc ».
Il était tard, vers 23 :00 je commence à m’endormir malgré les horribles bruits de bouche de mon voisin. Il avait l’air handicape d’une jambe, il sentait la transpiration c’était une horreur. Je me réveille quand l’avion atterrit. L’hôtesse fait une annonce en chinois, puis en anglais : « Ladies and Gentlemen, our flight is arriving at Xiamen airport. »
Xiamen ??? Mais j’allais à Fuzhou, pas à Xiamen !!! La, y à tout qui me passe par la tête.
1) Merde, je me suis plantée de vol.
2) L’hôtesse s’est trompee.
3) J’ai pas bien compris ce qu’elle a dit.
L’avion atterrit. Personne ne bouge. Bizarre. Normalement les gens devraient commencer à se lever, récupérer leurs affaires. Personne ne dit rien. Je me dis : tiens c’est cool, ici au moins, les gens se précipitent pas comme des malades vers la sortie, ils savent que de toutes façons on sortira tous en même temps.
Quelques minutes plus tard apparaît une hôtesse. La vieille dame assise de l’autre cote du couloir commence à hurler un truc en chinois, l’hôtesse lui répond. De la commence une grande conversation entre quelques passagers « grandes gueules » et les hôtesses. Alors la vielle dame me regarde et me montre un papier ou il a écrit Xiamen. Je lui fais comprendre que oui, j’ai bien compris qu’on était à Xiamen. Tout le monde commence a prendre son portable et a appeler les famille. Personne ne comprend l’anglais, il fallait parler chinois ou rien. J’arrive a toper une hôtesse qui parle « quelques mots » d’anglais. Sur un bout de papier, elle me dessine un avion, un bus, un autre avion et un hôtel. Elle me fait comprendre qu’à cause d’une tornade sur Fuzhou, on doit tous rester à Xiamen. On prend un bus qui nous conduira à un hôtel de Xiamen et demain matin, on reprend l’avion et on va à Fuzhou. La je commence a rouspéter. Mon dieu si j’avais su ce qui m’attendait j’aurais saute de joie.
Je n’avais pas encore dîné, je m’étais dit que je mangerai un truc à l’hôtel en arrivant.
On nous fait attendre et attendre et attendre. Vers 2 heures du matin, je commence à trépigner. Putain, j’ai faim, j’ai soif, j’ai chaud. Mais pourquoi on nous fait attendre comme ça ? La, y a un chinois qui demande a sortir. L’hôtesse refuse. Le chinois s’énerve. Ca commence a chauffer dans l’avion… puis finalement ils ouvrent les portent. Je vois vaguement par le hublot que l’avion et cerne par la police. La je me dis : Putain, en fait si ça se trouve y a une bombe dans l’avion et on nous a invente cette histoire de tornade pour pas nous affoler. Quand les portes s’ouvrent, un policier prend un haut-parleur et nous dit plein de trucs en chinois, sur un ton militaire. Tout le monde descend de l’avion, en silence 2 par 2 et on monte tous dans des bus de l’aéroport qui nous amène au terminal. Quand on descend, voila que les policiers sont toujours la. Ils nous disent encore des trucs en chinois et la, quelques chinois commencent a vraiment s’énerver, ça part au coup de poing.
Je reste calme malgré tout. Je me dis que rien ne peut m’arriver puisque nous sommes 500 passagers qui n’avons rien fait de mal, juste rouspéter parce qu’un avion n’a pas pu rejoindre un aéroport. N’y aurait’il pas assez de chambre d’hôtel pour tout le monde ? Putain, je vais devoir partager ma chambre avec un gros chinois dégeux. La police se montre très autoritaire, celui qui ne suit pas le groupe se fait attraper par le bras, et d’un ton sec, demande aux passagers de suivre le groupe. Au niveau des arrivées, tout le monde réclame sa valise. Moi, j’avais tout garde avec moi, mais je errais un peu dans le terminal. Fatiguée, j’essayais de trouver un visage pale qui puisse m’éclaircir sur la situation mais je n’ai trouve que des chinois en colère. Un policier me prend violemment par le bras et m’amène dehors, sur le parking des bus. Quand je dis violemment, je veux dire en faisant mal et en employant la force. Comme si j’allais m’échapper. Mais si j’avais voulu, tout simplement aller ailleurs, on ne m’aurait pas laisse faire. Je ne discute pas, je monte dans le bus, puisque j’avais bien compris que ce bus nous amènerait à un hôtel de Xiamen.
Il y avait des bus pour 500 personnes, soit 4 bus à deux étages qui puent la bouffe chinoise. Je me dis que y en a peut être pour 20 mn maximum de route. Puis, je m’endors. Il est 3 heures du mat. Je me réveille a 4 heures. Je regarde mon voisin. Je lui dis : HOTEL XIAMEN ? Il me répond en chinois : Non ! On va à Fuzhou ! On arrive à 6 heures du matin. Putain c’est pas vrai.
Et moi j’ai rendez-vous à 9h a 150 km de Fuzhou. Je vais a l’hôtel j’y vais pas ? Ou au moins pour me doucher ? Chaque fois que je m’endormais, le chauffeur me tapait sur les nerfs. Ouvrir la vitre pour cracher, allumer ces putains de néons (ils connaissent pas les lumières tamisées en Chine) chaque fois que quelqu’un demande a descendre pour pisser. Tiens ? On a le droit de pisser ? Le klaxon, combien de fois il a klaxonné (les chinois adore le klaxon) ? 100 fois ? 500 fois ? Et surtout, nous mettre la radio quand tout le monde dort. Finalement il éteint la radio et allume la télé. Il nous met un film d’arts martiaux a fond les haut-parleurs avec des mecs qui se font décapiter au sabre. Merci. Vous pouvez me croire, c’est dur de rester la bouche fermée et pas pouvoir se plaindre. Tout le long du trajet, je me disais :
1) Pourquoi ça m’arrive a moi ?
2) En rentrant je reprend mes cours de chinois.
3) Et j’ai plus de batterie à mon portable, pourvu que tout aille bien à Fuzhou.
Il fait jour. 6 :00 on devrait bientôt arriver a l’aéroport de Fuzhou. J’ai pas dormit. Nous quittons l’autoroute et nous entrons dans le centre-ville. La vielle dame de l’avion se lève et demande au chauffeur de la déposer chez elle. Maline ! Le chauffeur gueule. Il freine d’un coup sec et réveille tout le monde. Il ouvre la porte et la dame descend. On repart. On arrive devant un parking, au bord d’une énorme avenue. Le bus s’arrête et les autres bus derrière nous aussi. On n’était pas encore à l’aéroport. Le chauffeur se lève et dit en chinois ce que je pense qu’il a dit : tout le monde descend ici il y a des taxis. Il a peut être pas dit « demerdez-vous » mais il l’a pensé, c’est sur.
Nous voila 500 passagers perdus, errant sur cette grande avenue de Fuzhou. Quelques personnes ont reussit a attraper les quelques taxis garés sur le parking, les autres on se disputait les coins de trottoirs, les rond points. Imaginez vous un instant 500 personnes désespérés, fatigués, ne parlant que chinois, dans un trip « chacun pour sa pomme » en train de chercher un taxi et pas question de le partager.
Voyant que je n’arriverai pas a en attraper un en restant sur ce trottoir, je rassemble mes affaires, j’ai faim, j’en ai marre, je veux un taxi, je veux mon hôtel et je commence a divaguer. J’arrête de parlers anglais puisque personne ne comprend. Je mate un chinois et je lui dis en français: « Et toi le chinoris, la, t’as pas du feu ? Tu comprends pas ? » Même la clope a la main, il voyait pas du tout ce que je voulais.
Je me casse, je trouve une rue ou y a peut être moyen de chopper un taxi. Sauf que… pas de taxi. Que des mecs louches. Merde, la, je me fais piquer mon passeport, mon ordi, mon telephone (qui marche pas), ça sera moins marrant.
Un taxi ! Yes ! Merde ! il est pris. Il s’arrête. Mon voisin handicape dans l’avion, celui que sentait la transpiration, a demande au taxi de s’arrêter. Le chauffeur de taxi, chinois avant tout, parle pognon. Oui, oui, ok, 10 Yuans. (1 euros) pas cher.
On dépose le monsieur handicape, je lui dis merci.
ARRIVEE A L’HOTEL ENFIN ! (http://www.hshfz.com)
(Photos: de leur site web, elles sont prises dans les annees 70 ou 80... les rideaux ont pas changes depuis...)
Pas un chat. C’est quoi cet hôtel 5* fermé a 7h du mat ? Les employées sont en train de préparer le petit déjeuner. Putain j’ai faim. Pas moyen de manger, pas encore. A 8h, pas avant. Tans pis, trop fatiguée. On me fait la petite carte, ça dure, ça dure, elles sont nunuuuuches. Pas dégourdies. Chinoises.


Je mets le réveil à 9h.
Je me leve, douche, PETIT DEJEUNER HAHAHA !!! ENFIN J’AI TROP
LA DALE.
Dim Sums, nouilles, tartines, même des croissants… hummmmm
9h30, on me prépare une belle BMW flamboyante pour aller a Minhou et LE CHAUFFEUR PARLE ANGLAIS !!! Arrives a Minhou, les routes deviennent très très sinueuses. Le chauffeur, au bout d’un moment, me dit qu’il refuse d’aller plus loin. PUTAIN MAIS C’EST
LA JUNGLE CE VOYAGE DE M…. ! Il voulait pas abîmer sa belle « Bi-eme-dobeulyou » (BMW en anglais).
- Bon, et pour 100 Yuans de plus ?
- Non.
- 200 ?
- OK
Pfff… on arrive.
Je vois la fille avec qui je devais bosser. Je lui raconte.
Elle me regarde vaguement et elle me dit. « Ah ! Oui c’est bete. On va manger ? »
Rien a foutre de mon histoire.
Ce matin elle m’a envoie un email dans lequel elle me dit : « J’espère que tu as apprécié ton voyage a Fuzhou. Revient quand tu veux ! »
On va éviter pour le moment.
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