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Je retrouve pas..

Samedi 15 avril 2006

Il fut un temps ou c'était: Tiens Steph, t'es la ? Mais tu vis à Hong Kong, maintenant ?

Mais la, c'est plutôt : CHEEEEEEE(*) Luis, t'es encore la ? Mais tu vis à Hong Kong, maintenant ?

(*): CHEEEE: expression de la région de Valence, Espagne, qui peut se traduire en bon landais par : « DIAAAA ! » ou encore « TEEEEE ! »  

Ben oui, maintenant il vient travailler ici pour mettre la pression aux chinois tous les 2 mois et je peux vous dire que les 2 semaines avant qu'il arrive, l'usine est une vraie fourmilliere. Donc ca tourne... que moi, c'est pas suffisant (moi etre femme jeune et pas chef donc pas credible)

Il m'envoie quelqu'un pour les « détails » ce week-end. Donc, comme vous avez pu vous en apercevoir, j'ai du monde tout le temps. Les week-ends creux je suis à la maison. Trop crevée.

Luis ne ramène plus son escorte, du coup, moins de stress. Je m'explique :

Entre ceux qui viennent pour bosser, ceux qui viennent pour faire la fête, ceux qui parle pas anglais, ceux qui soi-disant connaissent super bien la Chine (parce qu'ils sont venu une fois a Shanghai en 1978 lors d'une mission économique avec 70 autres espagnols) et qui adorent « bla bla blaaaaaaaaaa, moi, je sais mieux que toi », ceux qui veulent manger chinois et ceux qui veulent pas, ceux qui mangent pas de poulet, ceux qui s'en foutent de manger qu'un sandwich a midi et ceux qui ont besoin d'une entrecote-frite a 15 :00 le midi ou a 23 :00 le soir, ceux qui veulent se poser et boire une bière a Mongkok, après le shopping, si possible dans un bar a tapas sans clim et ou on peut fumer. MAIS Y EN A PAAAS A MONGKOK!!! Des fois ca ressemble a une colonie de vacances ou il faut s'enerver pour avoir de l'OOORDRE.

Ils voyagent tous ensemble:

1, « PARCE QUE C'EST VACHEMENT PLUS SYMPA »,

2, « ON VIENT QUE 5 JOURS PARCE QU'ON AIME PAS HONG KONG »

3, « MAIS IL FAUT QU'ON FASSE CA, CA, CA ET AUSSI, TRES IMPORTANT, CA »

Alors quand ils arrivent a 4, ils sont la en même temps, pendant 4 jours, (parce que faut compter un jour de shopping a Mongkok pour ramener des fausses montres)

Les 4 sont des gens importants en Espagne, et donc méritent chacun le respect qu'on leur doit, n'est-ce pas ?

Alors la tout simplement, la deuxième fois qu'ils m'ont fait le coup, je leur ai gentiment expliqué:

« SI T'AS CARREFOUR, ALCAMPO, TOYS R US ET LA GRANDE RECRE QUI VIENNENT A IBI LA MEME SEMAINE ET LES 4 VEULENT PASSER 4 JOURS QU?AVEC TOI, TU FAIS QUOI ? SACHANT QU'AUCUN AIME LA MEME CUISINE ET QUE T'ES RESPONSABLE SI LE RESTO CONVIENT PAS A QUELQU'UN? ». La, ils ont compris.

Donc, les autres espagnols aussi commencent à débarquer de plus en plus souvent et moins en groupe, plutôt individuellement. Ben oui, avant ils avaient tous la trouille d'aller tout seul en Chine (Chine, pas HK) et maintenant ils n'arrêtent pas de venir. (Quand je dis "tout seul", je les accompagne quand meme).

Petit problème, ils débarquent toujours le week-end et je me coltine le « suivit client » si je puis dire, du matin au soir, sans pouvoir répondre a mes emails de la journée, et donc, je dois me remettre au travail le soir après les interminables dîners de mes chers clients et collègues. Un chinois, un américain ou un anglais ça dîne a 18 :00. Un  espagnol, il finit sa digestion du midi a 18 :00 alors je vous laisse imaginer a quelle heure on sort de table le soir. Biensur, je le dis en plaisantant, j'apprecie leurs visites, ca me fait toujours du bien de les revoir.

La Chine , c'est devenue facile pour eux, puisque je m?occupe de tout (les trains c'est moi qui achète les tickets, les hôtels sont plus des trucs merdiques comme avant). Un truc aussi simple comme Bonjour, comme acheter un ticket de train Hong Kong - Canton ça va encore, mais acheter le retour Canton - Hong Kong, c?est déjà moins marrant. La seule guichetière de la gare de Canton qui parle anglais est au guichet 8 et il faut le savoir. Elle ne travaille pas tous les jours. Il faut donc préparer son petit livret « Français - Chinois » et encore, pas sur que ça marche, a Canton, on parle Cantonnais. (Non la, j'exagère? ha! ha! ha! les mecs ils parlent les 2 quand même). Je vous le dirai quand c'est des conneries ce que je raconte, comme ça y aura pas de soucis.

Alors pour revenir à Luis, je lui ai fait faire le China Tours version Petit-Poulet. Il est venu avec moi acheter les tickets de train, on a pris un train normal, pas de première classe, on a dormit à l'hôtel de l'usine, on s'est déplace en taxi. On a mange dans des « boui-bouis » et on a parle avec les autochtones. Le pauvre, à un moment donne, il se voyait voyager de Zhongshan a Dongguan en pousse-pousse.

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Vendredi 14 avril 2006
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Vendredi 14 avril 2006

APRES LES LAPINS, LES POULETS BIEN SUR

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Mercredi 12 avril 2006

On va essayer de laisser tomber les mauvaises expériences chinoises et passer a autre chose… parce que Mélanie a eu un bébé hier et que c’est un grand événement. Il s’appelle Lucas, 1,7 kg (le pauvre c’est une crevette, il est en couveuse, mais il va bien). Welcome Lucas !

Et aussi parce que je pars bientôt en vacances à Bali avec Liling. Fini la Chine de m... pour un temps et bonjours la plage, les massages, le coucouning... apres tout, je pense que je me suis bien merite ces quelques jours de relax.

Oui, c’est les photos de l’hotel… j’ai hate ! pas de portable, par d’email qu’ils ailles de f… f… je serai en VA-CANCES !!! Que 5 jours mais m’en fout. C’est toujours ça de pris.

   

 

Sinon, après, je dois assister à un salon dans ma ville preferee, qui me manque trop. Je me suis pas trop fait prier pour y aller. C’est que mon chef-chef était dans le KK parce que personne pouvait y aller à part moi. Trop bête !!!

Alors ici c'est plutot:

 

Mais la-bas c'est plutot:

  

OUIIIIIIIIIIIIII JE RETOURNE A NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK NEW YORK ...

PARDON...

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Mardi 11 avril 2006

Je suis allée à Fuzhou, dans le Fujian pour faire une inspection de marchandise. Pour cela, je devais prendre l’avion. J’avais le choix entre partir de Hong Kong ou de Shenzhen (Chine). Depuis Shenzhen, les vols sont moitié moins cher, donc, je me suis dit, va pour Shenzhen, Val m’avait dit que c’était super bien indiqué.

Je prends un ferry à Kowloon vers 18 :00. De là, je prends un bus navette jusqu'à l’aéroport, puis l’avion à 22 :10 jusqu'à Fuzhou, celui de 20h étant annule (ça commence, grrr), arrivée 23 :30. Je dors dans un hôtel 5* et le lendemain je prend un prends une voiture avec chauffeur qui m’amènera à Minhou, là ou se trouve l’usine à inspecter… parfait. Je vais les réservations à travers une agence de voyage, j’ai l’assurance de la MasterCard Gold du boulot… nickel.

En fait, tout s’est bien passe jusqu'à l’aéroport de Shenzhen. C’est un superbe aéroport bien moderne, ou tout le monde parle anglais.

On monte dans l’avion, et là, c’était fini, on était en « vrai » Chine, la Chine ou personne parle rien d’autre que le chinois, même les hôtesses de l’air. Elles savent juste faire les annonces : « Ladies and Gentlemen, welcome on flight number… to Fuzhou, etc ».

Il était tard, vers 23 :00 je commence à m’endormir malgré les horribles bruits de bouche de mon voisin. Il avait l’air handicape d’une jambe, il sentait la transpiration c’était une horreur. Je me réveille quand l’avion atterrit. L’hôtesse fait une annonce en chinois, puis en anglais : « Ladies and Gentlemen, our flight is arriving at Xiamen airport. »

Xiamen ??? Mais j’allais à Fuzhou, pas à Xiamen !!! La, y à tout qui me passe par la tête.

1) Merde, je me suis plantée de vol.

2) L’hôtesse s’est trompee.

3) J’ai pas bien compris ce qu’elle a dit.

L’avion atterrit. Personne ne bouge. Bizarre. Normalement les gens devraient commencer à se lever, récupérer leurs affaires. Personne ne dit rien. Je me dis : tiens c’est cool, ici au moins, les gens se précipitent pas comme des malades vers la sortie, ils savent que de toutes façons on sortira tous en même temps.

Quelques minutes plus tard apparaît une hôtesse. La vieille dame assise de l’autre cote du couloir commence à hurler un truc en chinois, l’hôtesse lui répond. De la commence une grande conversation entre quelques passagers « grandes gueules » et les hôtesses. Alors la vielle dame me regarde et me montre un papier ou il a écrit Xiamen. Je lui fais comprendre que oui, j’ai bien compris qu’on était à Xiamen. Tout le monde commence a prendre son portable et a appeler les famille. Personne ne comprend l’anglais, il fallait parler chinois ou rien. J’arrive a toper une hôtesse qui parle « quelques mots » d’anglais. Sur un bout de papier, elle me dessine un avion, un bus, un autre avion et un hôtel. Elle me fait comprendre qu’à cause d’une tornade sur Fuzhou, on doit tous rester à Xiamen. On prend un bus qui nous conduira à un hôtel de Xiamen et demain matin, on reprend l’avion et on va à Fuzhou. La je commence a rouspéter. Mon dieu si j’avais su ce qui m’attendait j’aurais saute de joie.

Je n’avais pas encore dîné, je m’étais dit que je mangerai un truc à l’hôtel en arrivant.

On nous fait attendre et attendre et attendre. Vers 2 heures du matin, je commence à trépigner. Putain, j’ai faim, j’ai soif, j’ai chaud. Mais pourquoi on nous fait attendre comme ça ? La, y a un chinois qui demande a sortir. L’hôtesse refuse. Le chinois s’énerve. Ca commence a chauffer dans l’avion… puis finalement ils ouvrent les portent. Je vois vaguement par le hublot que l’avion et cerne par la police. La je me dis : Putain, en fait si ça se trouve y a une bombe dans l’avion et on nous a invente cette histoire de tornade pour pas nous affoler. Quand les portes s’ouvrent, un policier prend un haut-parleur et nous dit plein de trucs en chinois, sur un ton militaire. Tout le monde descend de l’avion, en silence 2 par 2 et on monte tous dans des bus de l’aéroport qui nous amène au terminal. Quand on descend, voila que les policiers sont toujours la. Ils nous disent encore des trucs en chinois et la, quelques chinois commencent a vraiment s’énerver, ça part au coup de poing. Je reste calme malgré tout. Je me dis que rien ne peut m’arriver puisque nous sommes 500 passagers qui n’avons rien fait de mal, juste rouspéter parce qu’un avion n’a pas pu rejoindre un aéroport. N’y aurait’il pas assez de chambre d’hôtel pour tout le monde ? Putain, je vais devoir partager ma chambre avec un gros chinois dégeux. La police se montre très autoritaire, celui qui ne suit pas le groupe se fait attraper par le bras, et d’un ton sec, demande aux passagers de suivre le groupe. Au niveau des arrivées, tout le monde réclame sa valise. Moi, j’avais tout garde avec moi, mais je errais un peu dans le terminal. Fatiguée, j’essayais de trouver un visage pale qui puisse m’éclaircir sur la situation mais je n’ai trouve que des chinois en colère. Un policier me prend violemment par le bras et m’amène dehors, sur le parking des bus. Quand je dis violemment, je veux dire en faisant mal et en employant la force. Comme si j’allais m’échapper. Mais si j’avais voulu, tout simplement aller ailleurs, on ne m’aurait pas laisse faire. Je ne discute pas, je monte dans le bus, puisque j’avais bien compris que ce bus nous amènerait à un hôtel de Xiamen.

Il y avait des bus pour 500 personnes, soit 4 bus à deux étages qui puent la bouffe chinoise. Je me dis que y en a peut être pour 20 mn maximum de route. Puis, je m’endors.  Il est 3 heures du mat. Je me réveille a 4 heures. Je regarde mon voisin. Je lui dis : HOTEL XIAMEN ? Il me répond en chinois : Non ! On va à Fuzhou ! On arrive à 6 heures du matin. Putain c’est pas vrai. Et moi j’ai rendez-vous à 9h a 150 km de Fuzhou. Je vais a l’hôtel j’y vais pas ? Ou au moins pour me doucher ? Chaque fois que je m’endormais, le chauffeur me tapait sur les nerfs. Ouvrir la vitre pour cracher, allumer ces putains de néons (ils connaissent pas les lumières tamisées en Chine) chaque fois que quelqu’un demande a descendre pour pisser. Tiens ? On a le droit de pisser ? Le klaxon, combien de fois il a klaxonné (les chinois adore le klaxon) ? 100 fois ? 500 fois ? Et surtout, nous mettre la radio quand tout le monde dort. Finalement il éteint la radio et allume la télé. Il nous met un film d’arts martiaux a fond les haut-parleurs avec des mecs qui se font décapiter au sabre. Merci. Vous pouvez me croire, c’est dur de rester la bouche fermée et pas pouvoir se plaindre. Tout le long du trajet, je me disais :

1)      Pourquoi ça m’arrive a moi ?

2)      En rentrant je reprend mes cours de chinois.

3)      Et j’ai plus de batterie à mon portable, pourvu que tout aille bien à Fuzhou.

Il fait jour. 6 :00 on devrait bientôt arriver a l’aéroport de Fuzhou. J’ai pas dormit. Nous quittons l’autoroute et nous entrons dans le centre-ville. La vielle dame de l’avion se lève et demande au chauffeur de la déposer chez elle. Maline ! Le chauffeur gueule. Il freine d’un coup sec et réveille tout le monde. Il ouvre la porte et la dame descend. On repart. On arrive devant un parking, au bord d’une énorme avenue. Le bus s’arrête et les autres bus derrière nous aussi. On n’était pas encore à l’aéroport. Le chauffeur se lève et dit en chinois ce que je pense qu’il a dit : tout le monde descend ici il y a des taxis. Il a peut être pas dit « demerdez-vous » mais il l’a pensé, c’est sur.

Nous voila 500 passagers perdus, errant sur cette grande avenue de Fuzhou. Quelques personnes ont reussit a attraper les quelques taxis garés sur le parking, les autres on se disputait les coins de trottoirs, les rond points. Imaginez vous un instant 500 personnes désespérés, fatigués, ne parlant que chinois, dans un trip « chacun pour sa pomme » en train de chercher un taxi et pas question de le partager.

Voyant que je n’arriverai pas a en attraper un en restant sur ce trottoir, je rassemble mes affaires, j’ai faim, j’en ai marre, je veux un taxi, je veux mon hôtel et je commence a divaguer. J’arrête de parlers anglais puisque personne ne comprend. Je mate un chinois et je lui dis en français: « Et toi le chinoris, la, t’as pas du feu ? Tu comprends pas ? » Même la clope a la main, il voyait pas du tout ce que je voulais.

Je me casse, je trouve une rue ou y a peut être moyen de chopper un taxi. Sauf que… pas de taxi. Que des mecs louches. Merde, la, je me fais piquer mon passeport, mon ordi, mon telephone (qui marche pas), ça sera moins marrant.

Un taxi ! Yes ! Merde ! il est pris. Il s’arrête. Mon voisin handicape dans l’avion, celui que sentait la transpiration, a demande au taxi de s’arrêter. Le chauffeur de taxi, chinois avant tout, parle pognon. Oui, oui, ok, 10 Yuans. (1 euros) pas cher.

On dépose le monsieur handicape, je lui dis merci.

ARRIVEE A L’HOTEL ENFIN ! (http://www.hshfz.com)  

(Photos: de leur site web, elles sont prises dans les annees 70 ou 80... les rideaux ont pas changes depuis...)

Pas un chat. C’est quoi cet hôtel 5* fermé a 7h du mat ? Les employées sont en train de préparer le petit déjeuner. Putain j’ai faim. Pas moyen de manger, pas encore. A 8h, pas avant. Tans pis, trop fatiguée. On me fait la petite carte, ça dure, ça dure, elles sont nunuuuuches. Pas dégourdies. Chinoises.

Je mets le réveil à 9h.

Je me leve, douche, PETIT DEJEUNER HAHAHA !!! ENFIN J’AI TROP LA DALE.

Dim Sums, nouilles, tartines, même des croissants… hummmmm

9h30, on me prépare une belle BMW flamboyante pour aller a Minhou et LE CHAUFFEUR PARLE ANGLAIS !!! Arrives a Minhou, les routes deviennent très très sinueuses. Le chauffeur, au bout d’un moment, me dit qu’il refuse d’aller plus loin. PUTAIN MAIS C’EST LA JUNGLE CE VOYAGE DE M…. ! Il voulait pas abîmer sa belle « Bi-eme-dobeulyou » (BMW en anglais).

-         Bon, et pour 100 Yuans de plus ?

-         Non.

-         200 ?

-         OK

Pfff… on arrive.

Je vois la fille avec qui je devais bosser. Je lui raconte.

Elle me regarde vaguement et elle me dit. « Ah ! Oui c’est bete. On va manger ? »

Rien a foutre de mon histoire.

 

Ce matin elle m’a envoie un email dans lequel elle me dit : « J’espère que tu as apprécié ton voyage a Fuzhou. Revient quand tu veux ! »

 

On va éviter pour le moment.

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Jeudi 30 mars 2006

Petit Peuch m'a envoye ses voeux pour Paques... lol. J'adore

 

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Mercredi 29 mars 2006

Mon cher ami Nelo, fabricant de poupées de son état est venu passer 4 jours a Hong Kong. Il avait des gros problèmes avec son fournisseur chinois et a appelé Petit Poulet à la rescousse. Cela dit, pour pouvoir bien raconter ces intenses moments de stress et de pur business à l'espagnole, il faut replacer les choses dans leur contexte. Nelo est un grognon mais en fait il est tellement sympa que personne ne lui en veut jamais.

Il déteste voyager. Même quand on est partis à New York ensemble en 2002 et 2004, il faisait tout le temps la gueule. Il n'aime que sa maison, la cuisine de sa mère, et Consuelo, sa femme qu'il appelle 20 fois par jour. On peut rajouter qu'il ne parle que espagnol et valencien. A chaque fois qu'il vient à Hong Kong, c'est qu'il y a quelque chose de très grave, sinon il ne vient pas. Déjà, il a du mal avec les chinois. En général, il prévient qu'il arrive la veille de son départ et me demande de passer 5 jours non-stop avec lui. Ca veut dire: « Sabiiiiine, tu lâches tout ce que tu es en train de faire et tu me prépares des rendez-vous pour mon planning. Je veux des poupées jolies et pas chères de suite. Commence à  négocier maintenant. J’arrive après-demain. Je te préviens, ne me fais pas manger dans des restos bizarres (en langage de Nelo: pas de restos chinois, japonais, végétariens, pas de fruits de mer, pas de Mc Donald, pas de biou-bious chinois) ». J'ai juste réussi à le traîner à la Kasbah (marocain) après tout c'est de la cuisine méditerranéenne, et il quand même vachement aime. 

Nelo a une petite usine de poupées en Espagne et avant lui son père fabriquait déjà des poupées dans les années 60. Mais, là, vous comprenez bien que la concurrence chinoise ne lui permet plus de subsister et il a fallut se décider à fabriquer en Chine.

Là, on avait quand même un gros souci : On passe commande de 20 000 poupées pour l’Amerique du Sud a son fournisseur chinois pour le 6 avril. Le fournisseur a eu que des merdouille et nous dit : « c’est pas possible, on peut les faire, mais que pour le 30 avril ». Là, grosse panique à bord. Impossible de retarder l’envoi, on avait déjà retarde deux fois, et on allait perdre le client. J’appelle Nelo. Gros hurlement primaire au bout du fil. Ok, normal. Donc je me fixe une nouvelle mission : 20 000 poupées à fabriquer en moins de 3 semaines, mais pas chez son fournisseur. Ca veut dire: chercher un fabricant chinois sérieux et rapide, pas cher, capable de produire 20 000 poupées en 3 semaines et aillant un stock d'avance de tissus pour les vêtements (a cause de ce dernier, c'était quasiment impossible a trouver), déménager les moules depuis chez le fabricant actuel jusqu'à chez le nouveau fabricant, en priant pour que l’actuel ne nous freine pas, et lui faire fabriquer les poupées en moins de 3 semaines. IMPOSSIBLE. Nelo m’appelle toutes les 10 mn.

- Alors, t’as eu les chinois ? Ils peuvent vraiment pas produire pour le 6 ? me demande Nelo d’un ton rageur…

- Non, Nelo, pareil que y a 10 mn.

- Mais tu les as vu ?

- Oui, mais je peux pas passer mon temps a parler a un mur. Je cherche une solution.  

- La solution ????? Je vais te la dire moi la solution. On prend nos moules et ON SE CASSE chez un autre chinois !!! Commence a en avoir marre, moi de ceux la !!!

- Mais personne a de stock de tissus, et personne peut produire 20 000 pour dans 3 semaines !!! 

La, gros blues, j’appelle mon psy Dr Luis et du coup ça m’a vachement remotive pour me mettre au travail.

1) Je dis à Nelo de venir à Hong Kong pour m’aider a trouver les produits qu’il veut. A premiere vue, ça le fait chier. Je pique une crise, je lui trouve même un vol dernière minute Madrid – HK a 285 Euros pour dans 2 jours (tu le crois, ça ? même en rêve ça se trouve pas). Finalement il vient.

2) Toute motivée, je commence à démarcher les fabricants de jouets, comme font les mecs de France Loisirs, j’ai fait du porte-à-porte. J’ai fait je sais pas combien de show-rooms pendant 2 jours.

Resultat de la recherche: Que des poupées vilaines et chères, ou pas chère mais trop moches. Personne a de stock. Acheter du tissus et se faire livrer pour tout le monde c'est 45 jours de delais. Et les prix... pfff... Désespoir total.

Puis : la lumière... dans un des bâtiments de Tsim Tsa Tsui East, mais juste a cote de mon bureau, un énorme showroom rempli de poupées style européennes. J’avais appelé avant pour prendre rendez-vous. La, un chinois qui parle super bien anglais me reçoit. Il m’a pas demande grand-chose parce qu’il connaissait l’entreprise de Nelo. Et en plus, il fabrique pour les 2 plus gros fabricants de poupées d’Espagne. En fait, ce mec, c’est a cause de lui que Nelo a faillit déposer le bilan l’annee derniere puisque c’est de lui que vient l’invasion des poupées chinoises sur le marché espagnol. Cela dit le chinois voulait vraiment collaborer.

Je lui donne 2 échantillons, je lui explique toute l’histoire:

- Il y a une commande 20 000 poupées, j’en ai besoin dans 3 semaines. Si vous me sortez de la, je vous promets que il y aura beaucoup plus de grosses commandes comme celle-la…

- Je pense que c’est possible. En ce moment on n’a pas beaucoup de travail, la poupée est simple et j’ai 1500 ouvriers à faire travailler. J’ai du stock de tissu qui ressemble a ça. Je vais en Chine demain. Vous revenez après-demain et je vous donne le prix définitif.

Si je m’étais pas retenue, je crois que je l’aurais bisouillé.

Deux jours après, le prix était plus que correct, il me confirme la livraison pour le 6. (AAAAAAAAA TROP COOOOOL). Je lui dis que Nelo arrive le lendemain et qu’il pourra signer le bon de commande etc… le chinois : trop content.

Quand Nelo arrive à Hong Kong, il n’y avait plus rien à faire à part signer, là, en bas de la feuille. Le Nelo il etait sur le Q. Il me fait: Mais Sabine, j'ai plus aucun probleme !!! Alors du coup, on était tellement contents qu’on s’est motive pour chercher pleins de nouveau produits et de nouveaux fabricants.

On a notamment contacté le fabricant numéro un d’une enseigne de supermarchés français, non c’est pas Carouf, c’est l’autre…

La, plus rien a voir, changement de contexte total. Une vieille dame, propriétaire de l’usine depuis 1972, nous a gentiment reçu "a la chinoise", c'est a dire qu'elle veut d'abord nous connaitre avant de parler boulot. Faut qu'on se tappe la viste de l'usine habituelle et un resto chinois en Chine. Nelo va etre content ! Elle portait un tailleur Chanel (non mais celui la c’était un vrai). Elle nous invite a visiter son usine a Shenzhen (tiens, comme c'est bizarre) et elle est passe nous prendre dans sa Jaguar, c’était son mari qui conduisait.

On a super bien bosser, on a refait tout son catalogue, enfin, on a pas perdu notre temps. Nelo était vachement moins grognon que d’habitude, il commence même à aimer Hong Kong et a prendre moins les chinois pour des c...

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Lundi 20 mars 2006

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Lundi 20 mars 2006

A Lan Kwai Fong, au restaurant Malaysien.

De gauche a droite: Amber (chinoise), Vivian (chinoise), Armelle (Picarde), Petit-Poulet (landaise), Martin (chinois) et Susanne (danoise).

Armelle, Amber et moi.

Armelle et Halo, la veille du depart, commencent a fumer a 28 ans

 

 

 

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Dimanche 19 mars 2006

Je devais aller a l'usine la semaine prochaine. Mais vendredi soir au bureau, j'ai eu pas mal de soucis, un de mes clients a du prendre la décision de venir me rejoindre a HK en catastrophe. Il ne parle pas un mot d'anglais. Conclusion il faut que je me le coltine de lundi matin 7 :00 a l'aéroport jusqu'à jeudi soir minuit quand il rentrera en Espagne. Nacho et Anna d'Alicante sont à Pékin et devraient arriver chez moi jeudi ou vendredi. Et pour finir, vendredi prochain je dois retourner à Zhongshan pour voir si les nouveaux chinois avec qui je vais travailler commencent à comprendre quand même le boulot qu'ils ont à faire. Du coup, la semaine prochaine, étant overbookée, j'ai dit à Carol, et bé on a qu'a se voir demain samedi.   

Déjà, ça commençait bien j'ai loupé mon train de 7 :30 (je me suis pas réveillée). J'ai 3 pendules chez moi, les 3 ont les piles qui ont lâché à peu près la même nuit. Oui je sais que personne ne va me croire mais pourtant c'est ce qui s'est passé. El le portable, je l'avais réglé à 6 :00 mais (comble de la malchance) au lieu de changer l'heure de 8 :00 à  6 :00, j'ai changer le volume de la sonnerie de 8 à 6. Incroyable. Carol allait me tuer en voyant que je n'allais pas être à la gare, parce que ça, c'est une erreur dramatique pour elle. Un chinois lui fait ça, il est bannit de la zone industrielle. Je la voyais déjà. COMMENT ? TU NE T'ES PAS REVEILLE ??? AH BE BRAVO ! Et le répéter a mon boss? GRRRR (heureusement qu.il en a rien a péter, surtout un samedi faut pas déconner)

Elle m'a appelé à 8 :00, j'étais sous la douche :

- Mais putain Sabine j'ai envoyer les gardes de sécurité de mon père (il en a 20, c'est pas des conneries) te chercher, et ils faut qu'ils reviennent et qu'ils repartent en suivant pour te prendre a la gare a 10 :30, maintenant ? Pffff, c'est malin !!!

- Et bé, je prend un taxi, t'inquiète.

- NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN, c'est TROP DANGEREUX. 

- Bon alors on fait quoi ?

- On vient te chercher à 10 :30, appelle moi quand t'es dans le train.

- OK  

Bon, j'arrive à la gare de Dongguan à 10 :30 en pensant me voir arriver la garde républicaine (photo) de son Altesse le grand chef de l'usine en voyage avec sa maîtresse à Singapour. Personne de l'usine. Bon, je fais le tour du lobby, car si Carol apprend que j'attendais « dehors » elle me tue. En fait, c'est juste que y a des chinois qui veulent amener les blancs dans des taxis pas réglementaires, on sait pas trop pourquoi, mais bon, il suffit de le savoir et puis à la gare de Dongguan il y a toujours des flics, si jamais il y a un problème. C'est pas Bagdad non plus, faut pas exagérer ! Les soi-disant gardes de sécurité ne sont pas venus. En fait et comme je me l'imaginais, elle m'a envoye un jeune chinois tout « gisclet » de 21 ans, Steven, sans uniforme (a lunettes photo de dessous) et le chauffeur qu'on avait perdu, il était parti dans une boutique acheter des clopes. Ah, je me sentais trop rassurée !!! Sauf que, quand même, cette fois, mon amie Carol m'a envoyé un chinois qui parle BIEN anglais, ce qui veut dire que je peux parler avec lui et donc être sure que c'est bien avec lui que je dois monter en voiture. Pour la premiere fois, quelqu'un me fait la visite guidee de la ville en anglais. En 1 an, aucun chinois avait eu le détail de m'expliquer : A droite voici le théâtre, ici on est a Huanshong, etc. Normalement, quand je pose une question genre « c'est quoi ca ? et pourquoi il y plein de monde ici, et ils font quoi? c'est quoi ce batiment ?». On me répond « Ahhh ??? Oh ! I don't know » ("Hein? Heu je sais pas").

Steven le chinois qui parle anglais me raconte qu'il est le nouvel assistant de Carol et qu'il va me faire la traduction de tout ce dont on va parler a l'usine. Il est de Chaozhou (la ou on a été faire la visite de plantations de thé, vous vous rappelez ???)

En chemin vers l'usine, le chauffeur se gare devant un magasin. La, je vois Richard (la mari de Carol). Il monte. Comme d'hab, juste « Hello » et puis c'est tout. Alors je lui fais quand même la conversation. 

- How are you, Richard ? (Ca va Richard)  

- I'm OK (Ouais ca va)

- You have a new jacket ! (T'as une nouvelle veste ?) (il portait une belle veste en cuir, neuve)

- Yes (Ouais)

- Nice! (Elle est chouette)

- Thank you.(Merci)

Et la, apres, normalement, il prend son portable et hurle sur ses superviseurs en chinois. Voila a quoi se résument mes conversations avec Richard (photo avec le bebe).

Le midi, Carol me dit d'aller manger avec Richard parce qu'elle n'a pas le temps (super). Alors je vous explique la cantine de l'usine : (Je l'ai bien explique a Petit Peuch hier soir.)

Il y a 3 cantines. La « Cantine VIP » pour les grands chef et moi (riz, soupe, 2 légumes, poulet et poisson), le « Business » pour les superviseurs (riz, poulet, légume) et la « 3eme classe de m? » pour les ouvriers (riz et 2 légumes).

Moi, je mange à la cantine VIP. La table n'est jamais nettoyée. Quand on arrive a table, il faut pousser les os de poulets des chinois qui sont passes avant vers la ou il n'y a personne. Mais normalement, le cuisinier vient me les enlever et il passe un sale chiffon (celui de la semaine je pense) qui colle pour faire comme si il avait nettoyé.

Il faisait super chaud. Richard me dit : on met la clim ?

La télécommande avait plus de piles. HORREUR ! Richard ouvre la porte de la cantine VIP et hurle en chinois : HUAAAAANG !!! DFONG EXFJING KFNEUHG Xiaojie Sha-bin  CGOOOW FMENG !!!! J'ai juste compris : « Huang » (le nom du cuisinier) « Xiaojie Sha-bin » (ça c'était moi). Huang arrive en courrant et me regarde d'un air désolé.

En fait, Richard a dit (en gros) : MAIS PUTAIN IL N'Y A PAS DE PILES À LA TELECOMMANDE AUJOURD' HUI ALORS QU'ON A MADEMOISELLE SABINE, NOTRE PLUS GROS CLIENT QUI VIENT MANGER. ELLE A TRES CHAUD.

Mais il se fout de ma gueule ou quoi ? A Hong Kong, quand la clim est trop forte et que je dis que j'ai froid, Richard me repond "T'as qu'a mettre un pull". GRRR. Donc vous comprenez bien que dans le cas du cuisinier, Richard avait juste envie de passer ses nerfs sur lui.

Puis, je lui demande un verre d'eau. Parce que Richard préfère que je boive de l'eau ou de la biere que du coca puisque TOUT LE MONDE SAIT BIEN que le Coca-cola provoque le diabète, c'est dangereux. (On fait vraiment avaler n'importe quoi aux gens, peut être que le Coca-Cola, produit bien américain, n'était pas le bienvenu en Chine, je sais pas, a investiguer...). Bien entendu je lui dis : AH OUAIS ???? OH LALA !!! MAIS JE SAVAIS PAS. ET POURQUOI LES INSPECTIONS SANITAIRES DE HONG KONG ELLES L'ONT PAS INTERDIT LE COCA COLA ???

Le cuisinier (photo a gauche) revient avec un thermos d'eau chaude (Merde, j'ai encore oublie de spécifier « eau froide » en Chine quand on demande l'eau, c'est de l'eau chaude). J'ai bu l'eau chaude, j'avais pas envie que le pauvre cuisinier se fasse incendier encore a cause de moi si je puis dire.

Bon sinon, il est con, hein, Richard ?

Carol était très énervée pour une histoire de production. Mais ça va, en fait elle était contente de me voir. Je pense que elle doit en avoir plein le Q de parler que a sa mère et a son mari. Les chinois elle a du mal. En fait elle m'a raconte les derniers exploits de son fils, elle m'a montre des photos, puis elle est aller chercher le petit (qui me reconnaît toujours c.est cool). Il est trop mignon. On a bosse toute la journée mais avec des coupures Toby de temps en temps, c'était excellent.

Le soir, Carol a organise un barbecue parce que ça fait du bien aux superviseurs de se retrouver en dehors du boulot, s'entendre bien puisqu'ils doivent travailler ensemble. En fait ils vivent tous à l'usine, bouffent ensemble a tous les repas, mais bon bref. Bien sur c'était que les chefs. L'an dernier elle avait 300 ouvriers, la elle en a 600, d'ici 2 a 3 mois elle en aura 800. (Le marché du jouet reprend enfin du poil de la bête). 

 J'ai enfin pu commencer à échanger quelques mots de chinois. C'est cool. Les nouveaux, pour la plupart, connaissent quelques mots d'anglais, donc entre leur peu d'anglais et mon peu de chinois, on arrive enfin à communiquer. Donc, du coup, ils m'ont dit de revenir vite à l'usine, et de préférence que ça tombe un week-end parce que comme ça Carol organise un repas ou les autorisent a sortir, comme pour la Toby célébration du mois d'octobre. Je suis restée sur le Q. Tiens Carol est en manque d'amis !!! Ou alors elle veut que je me fasse des potes à l'usine.

par petit-poulet publié dans : PETIT POULET
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